Les Romains construisent des thermes raffinés, dont les principes sont encore utilisés dans le monde entier, comme le montre la vogue actuelle du thermoludisme, associant les bienfaits de l’eau thermale au plaisir et à la détente. Ils y parviennent d’autant plus facilement qu’ils maîtrisent déjà la distribution de l’eau, en généralisant la construction des aqueducs et la technique de chauffage des établissements.
Peu avant notre ère, après avoir supervisé pour Nîmes les travaux d’adduction de l’eau, Agrippa fait construire les premiers édifices thermaux à Rome. Au fil des siècles, ces établissements s’agrandissent et se multiplient. Ouverts à tous, ils accueillent toutes les couches de la population, riches, pauvres, libres ou esclaves, y compris les étrangers. Ils constituent, avec les jeux du cirque, l’une des principales sources de loisirs.
Rien n’est laissé au hasard. Stockée dans d’énormes citernes, pouvant contenir jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de litres, l’eau est distribuée dans les différents bains, puis évacuée par des égouts. Ensuite, pour faire monter la température dans les thermes, les Romains utilisent le principe de l’hypocauste : ce système consiste à introduire sous le sol de l’air chaud, produit par une chaufferie, et à le propulser, à travers des murs creux, vers l’étage supérieur, où l’orientation des salles est soigneusement calculée, pour créer un véritable « effet de serre ».
Le caldarium, la salle chaude
L’organisation générale des thermes prend en compte les différentes étapes effectuées par le baigneur. Celui-ci gagne d’abord l’entrée de l’établissement, muni de son matériel de bain (abalastre), et pénètre dans le vestiaire (apodyterium). Il passe ensuite dans la salle chaude, le caldarium, qui est composé de deux parties : un bassin d’eau à 40°C et des pièces annexes chaudes destinées à activer la respiration, comme le laconium (étuve sèche) ou le sudatorium (étuve chaude et humide).
Souvent, le plancher brûle les pieds des baigneurs qui doivent porter des socques en bois ! Il se racle aussi la peau avec un strigile, pour éliminer les cellules mortes, et puise de l’eau fraîche dans le labrum (grande vasque centrale).
Il passe ensuite dans une salle plus petite, le trepidarium, pour y prendre un bain tiède (eau à 25°C) et, enfin, dans le frigidarium, une grande salle fraîche avec des bains froids. Cette dernière étape est fortement recommandée par les médecins de l’époque, qui la considèrent comme un remède miracle pour raffermir les chairs.
Massages, épilation et frictions à l’huile parfumée
Le Romain finit son parcours dans l’unctorium, une salle de soins où il se fait masser, épiler et frictionner à l’huile parfumée. Le massage peut durer longtemps et se terminer par l'épilation des aisselles (à la pince !). Pour éviter les démangeaisons, on applique ensuite une pâte à base de saindoux et d’ellébore blanc.
Dans les thermes les plus luxueux, les salles sont immenses, se perdant sous d’imposantes voûtes recouvertes d’or ou de mosaïques. Certaines d’entre elles possèdent peu d’ouvertures sur l’extérieur, pour mieux garder la chaleur, d’autres sont pourvues de vastes baies, pour laisser entrer généreusement la lumière.
Leur conception n’a rien à envier à nos « Resort Spas » modernes. Les thermes de Dioclétien, situés au nord de Rome, s’étendent sur treize hectares et comportent chutes et cascades d’eau. Ils peuvent accueillir jusqu’à 3 000 baigneurs. On y trouve des salles de gymnastique, des bibliothèques, des salles de jeux, des musées, des salles de conférences, un bar, des boutiques, des jardins, qui deviennent de nouveaux espaces de promenade, des pelouses avec jets d’eau…
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