Le mental, clé d’une vie plus longue et plus heureuse

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Olivier_de_LadoucettePsycho-gériatre et auteur de « Rester jeune, c’est dans la tête » (éditions Odile Jacob), le docteur Olivier de Ladoucette n’hésite pas à tordre nos idées reçues sur le vieillissement et le bien-être. Exit le cliché d’une retraite triste et passive. L’optimisme, ça se travaille dès l’enfance !

Guidespa.com : A 30 ans, un sportif de haut niveau fait figure de vétéran, un créatif est considéré comme un « has been », alors qu’un sénateur de 70 ans ne se sent pas encore vieux... La vieillesse, ça commence à quel âge ?

Dr Olivier de Ladoucette : On fait souvent référence à l’âge « biologique », ce qui est naturel, car les signes les plus manifestes du vieillissement sont d’abord physiques, mais il y en a beaucoup d’autres, comme l’âge « affectif » ou l’âge « social ». La somme de ces différentes composantes forme ce qu’on appelle l’âge « subjectif ». C’est l’âge que l’on se donne et il joue un rôle important sur ses choix de vie et les attitudes préventives que l’on va adopter pour se prémunir contre les effets du vieillissement.

Quelle est la part génétique dans la longévité et la santé ?

Elle ne joue qu’à 30 % sur la longévité. Le reste dépend donc des comportements dictés par le mental. On sait que, jusqu’à 65 ans, l’apparition des maladies est fortement liée à des facteurs génétiques, mais au-delà, ce sont les facteurs de risques comportementaux qui ont la plus forte influence sur la santé.

Nous pouvons donc tous agir sur notre processus de vieillissement ?

Nous sommes tous acteurs de notre avancée en âge. Par le mental, nous pouvons avoir une influence décisive sur notre vieillissement à n’importe quelle période de notre vie. Je dis souvent que nous n’avons pas seulement l’âge de nos artères, mais aussi l’âge de nos désirs. Résultat, vous avez des vieux de 25 ans et des jeunes de 80 ans !

Les préjugés ne constituent-ils pas un obstacle à vivre pleinement son âge ?

En France, la gestion du vieillissement est paradoxale. En 2008, une étude de l’INSEE a montré que les Français se sentaient plus heureux entre 65 et 70 ans. Nous vieillissons donc plutôt bien, nous détenons même un record de longévité féminine, derrière les Japonais, mais notre société ne parle de vieillissement qu’en termes négatifs. Par exemple, et c’est pour cela qu’on parle d’âge « social », les entreprises considèrent qu’on est vieux à partir de 50 ans…

Bien vieillir, c’est vouloir rester jeune le plus longtemps possible ?

Vouloir rester jeune à tout prix est plus dangereux qu’essayer d’apprivoiser son âge. A un moment, on finit par être rattrapé par la réalité. En revanche, en s’adaptant peu à peu à son âge, on finit par se sentir en harmonie avec son milieu et soi-même. Plus on est capable de se maintenir et de s’adapter, mieux on vieillit.

L’optimisme, ça s’apprend ?

C’est une vertu qui permet de se maintenir en bonne santé, mais elle dépend aussi du tempérament et de certains acquis, qu’il faut développer le plus tôt possible. Elle peut se traduire par de l’altruisme ou le goût de la relation aux autres. Bref, autant de qualités qui améliorent à terme la longévité.

Mars 2011

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